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De nouveaux objectifs

Vous êtes probablement déjà au courant. Il y a deux jours, j'ai tombé sur l'épaule alors qu'il restait 3 tours et que ça roulait à fond de train. Une chute massive emportant environ 25 coureurs au sol, dont 3 ont fini la course en ambulance.

Des chutes comme ça, j'en ai évitées des douzaines depuis 12 ans.

C'était mon dernier mardi cycliste de Lachine avant longtemps.

Il y a un certain malaise autour de cette hécatombe. Tout d'abord, de nous voir partir en ambulance, avec la minerve autour du coup, n'a amusé personne.

Finalement, rien de cassé. C'est une terrible entorse et mon épaule ne soutient pas encore mon bras.

Mais depuis 2 jours, plusieurs personnes semblent avoir peur de m'en parler.

C'est normal. À deux semaines et demie de la course la plus importante des dernières années, maintenant que j'avais un horaire du temps me permettant de bien me préparer, ça peut sembler la pire des nouvelles pour moi.

Mais ce n'est pas le cas. Ça fait partie du jeu et il faut connaître les règles avant de jouer.

Trop de fois j'ai vu des athlètes être victime de la pire malchance au pire moment. Je ne critiquais pas leur façon de s'entraîner, de conduire ou d'entretenir leur vélo, de gérer leur blessure de course à pied, leur décision de participer à telle épreuve risquée juste avant le gros objectif...

La seule chose que je critiquais, c'était leur réaction à l'imprévu.

Certains n'ont jamais refait de sport, d'autres revenaient nous voir sur les courses pour nous dire que c'était ridicule d'investir autant dans quelque chose d'aussi incertain.

Ils disaient avoir bien de plus de plaisir à être des douchebags ou des brosseux, d'être de maudits beaux hasbeen, des gérants d'estrades honteux.

J'ai moi-même réagit un peu de cette façon l'automne passé durant des mois, après avoir manqué la qualification pour Hawaii par la peau des fesses au terme d'une journée assez ordinaire.

Cette fois, c'est ma chance de montrer que je n'appartiens pas à cette race de perdants.

C'est justement le temps de montrer, comme d'autres l'ont fait avant moi, que le but premier du sport, c'est de donner le meilleur de soi-même avec ce qu'on peut faire le jour de la course. Quand toutes les motivations tombent à l'eau, il devrait toujours rester celle-là.

S'il y a bien une chose que nos amis qui pratiquent le sport de façon récréative peuvent nous apprendre, c'est qu'avant la performance, il y a le défi et le plaisir. Et ça, ça ne se mesure pas en temps, ni en position.

À tous les niveaux de compétitions, il faut faire des choix et non des sacrifices. On m'a aidé à saisir le sens des ces mots il y a plusieurs années et ça me sert beaucoup cette semaine.

J'ai eu du plaisir à préparer mes objectifs, j'ai choisi ce chemin sans faire de sacrifices, ce qui est bien difficile à faire comprendre aux clowns qui me disent que je n'ai pas de vie.

Je veux continuer de vivre cette expérience à fond jusqu'au off-season.

Bien sûr, je veux guérir de la bonne façon, sans sauter d'étapes, mais s'il y a la moindre chance que je puisse passer la ligne d'arrivée des deux compétitions restantes cette année, soyez sûrs que je vais la saisir.

Il n'y aura pas de miracles, les objectifs de performance sont oubliés, mais je suis capable de faire ces épreuves si je guéris bien.

Aussi, c'est peut-être même ma seule chance de vivre ces compétitions d'une toute nouvelle manière, loin des élites et près du vrai monde qui font leur gros possible pour se garder en forme en se fixant d'immenses objectifs.

Je ne dois donc pas rater cette chance unique et maintenant, c'est mon nouvel objectif.

À suivre...

Commentaires

Hugues Lapointe a dit…
Belle remise en perspective David. Bonne récup et bonne "préparation finale" pour ces deux objectifs de ta saison 2013 qui seront maintenant des défis d'un nouveau genre.

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